Création sonore et poétique
De 6 mois à 5 ans
Pour 2 voix, violoncelle, électroacoustique et tous les lombrics de la terre.
Le Lombric du monde est une création musicale pour deux voix, violoncelle et électroacoustique à destination du très jeune public.
Dans la continuité de cette création, nous travaillerons à l’édition d’un livre sonore.
Le Lombric du monde suit les traces de Charles Darwin qui, en 1881, une année avant sa mort, rassemble dans son ouvrage La Formation de la terre végétale par l’action des vers de terre dix années de recherche sur les lombrics et la structure des sols. Il y développe une forme d’intimité avec cet animal méconnu et dénigré : de quels sens est-il pourvu? Que mange-t-il? Quelles sont ses habitudes? Quelles sont ses intentions? Peut-on parler de l’intelligence du vers de terre? de son âme?
Espèce fragile et fabuleuse, le lombric, précieux « colocaterre », nous ouvre les portes du souterrain, nous guide à travers le caché, le discret, le repoussant…tout ce que l’on ne voit pas mais qui fait que la vie existe.
L’enfance se réjouit souvent du minuscule, du grouillant, du foisonnant, s’enthousiasme de toute découverte… en cherchant sous une feuille, sous une pierre, en creusant la terre…
Et qui va tripatouiller le jardin? Aérer l’ordinaire? Goûter la terre?
Est-elle grumeleuse, croquante, docs ou piquante?
Craie, farine ou foin ?
Sable, écorce, carapace ?
Feuille, ailes ou vent ? »
Imaginez une musique lyrique et facétieuse, rythmée, légère, polyglotte. Une musique-paysage qui, par des effets de loupe, pose son oreille près des élytres du scarabée, peut voyager parmi les codas des grands mammifères marins et décrypter un possible chant du monde…Il s’agit d’ouvrir grand ses oreilles à l’extraordinaire diversité de notre planète, de se faire l’écho des multiples voix qui la peuplent, de rencontrer l’étrange, de façonner notre écoute à l’accueil du nouveau. Martin Moulin signe la composition musicale en dialogue avec la partition
électroacoustique de Christophe Havard. La mise en scène du Lombric du monde confiée à Margot Châron est intimement liée à l’écriture musicale et à la scénographie de la plasticienne Marie-Noëlle Deverre. Cette dernière joue avec les matières, les détourne, s’empare de l’espace scénique le transformant en un jeu de plateau imaginaire où se déploie une scénographie vivante, ludique: sculptures
textiles composées de gravures entomologiques imprimées, panoplies lombriciennes à enfiler pour faire corps avec la nature l’espace d’un instant humain, suspensions en l’air et formes organiques au sol pour explorer tous les niveaux de l’espace entre ciel et terre. Tout se construit par strates, par sensations, par correspondances entre le son, les voix, les corps, les matières, les éléments. Ce qui nous intéresse n’est pas la narration à proprement parler, mais plutôt l’exploration d’un milieu souterrain que l’on rend visible, palpable, ouïsible… Les grands arceaux mobiles du décor ouvrent des univers oniriques, permettent des apparitions souterraines, sorte de galeries chantantes qui se transforment et dévoilent soudain des bestioles devenues immenses dans un jeu d’échelle et de proportions. Ainsi l’humain se trouve confronté tour à tour au minuscule et au gigantesque comme par prestidigitation, renversant son rapport à la nature.